Les éducatrices qui sont médiatrices

Accompagner les enfants dans leurs relations : un défi !

Lorsque les enfants commencent à se socialiser et vouloir jouer ensemble le personnel éducatif doit souvent médier des conflits.

Surtout au début, un conflit peut facilement dégénérer en bagarre.

C’est notre pain quotidien, mais comment faire pour être juste ?

Les relations problématiques :

Les éducatrices, par l’observation, peuvent identifier diverses formes de relation qui s’instaurent entre les enfants. Moi, j’ai pu repérer les quatre les plus courants, mais il existe une multitude d’autres, et évidement, parmi ceux que je cite, il y a des diverses variations :

Je t’aime moi non plus

C’est le grand classique des relations d’enfants. Ils s’adorent, veulent jouer tout le temps ensemble, mais cela ne marche encore pas très bien, ils n’arrêtent pas de se fâcher et les bagarres peuvent dégénérer. Néanmoins, impossible de les séparer.

Leader/Suiveur

Il s’agit des dynamiques où un des enfants prends clairement le dessus sur l’autre. Il propose le jeu, le conduis. L’autre se contente de suivre.

Copain par menace

Je l’observe lorsqu’un enfant dicte les règles, impose sa volonté et ne tolère aucune rébellion. À l’autre, il ne reste qu’à obéir, sous peine d’entendre « je ne suis plus ton copain ! », ou plus tard « je ne t’invite pas à mon anniversaire ! ».

Pitre— public

Ici, il s’agit des relations où un des enfants fait des « bêtises » pour faire rire un autre. Il se donne en spectacle. Celui qui joue le rôle de publique en redemande et incite. Il peut par exemple, inciter l’autre à taper un autre enfant, ou transgresser une consigne.

La justice

Un défi majeur c’est la justice. Si on n’a pas vu le début de la scène c’est difficile de donner tort ou raison en un tel ou à l’autre.

C’est à ce moment qu’on peut se retrouver dans le triangle de Karpman.

Pour cela il est important de sortir de la posture de Sauveur et redonner du pouvoir à celui qui se retrouve en posture de victime.

Encourager l’enfant à verbaliser son désaccord à dire ce qui ne lui a pas plu est plus important que faire l’agresseur s’excuser

La posture de l’adulte

L’adulte sert de médiateur dans les conflits pour faciliter l’interaction. Ce n’est pas son rôle de donner tort ou raison mais de veiller à ce qu’ils s’expriment et s’entendent mutuellement.

Le but est, qu’en grandissant, les enfants puissent devenir autonomes pour se défendre.

Ils n’auront pas toujours un adulte à côté…

Jugement de valeur

Il n’y a pas de comportement bien et pas bien le fait à lui seul de le dire, implique déjà que l’adulte a pris le rôle de sauveur/juge/avocat.

Ce genre de mot est tout simplement à bannir du vocabulaire.

Ce qu’il y a ce sont des comportements permis et interdits. Ce sont des règles, tout simplement, sans aucun jugement ou appréciation.

Cela est bien plus simple à faire comprendre aux enfants.

La posture de victime

Contrairement à ce qu’on peut penser la posture de victime est très confortable.

Ce n’est pas si mal quand rien au de notre faute, qu’on nous plaint et qu’on s’occupe de nous, n’est-ce pas ?

Certains enfants peuvent en devenir friands et créer une dynamique où ils vont, inconsciemment, créer les conditions pour qu’on s’en prenne à eux.

Redonner du pouvoir à ces enfants, les encourager à se défendre et éviter de trancher/juger lors des conflits, pourra les aider à changer.

Le bourreau

Celui qui fait du mal aux autres, embête/persécute, est souvent celui de qui on s’occupe le plus.

Il reçoit plein d’attention.

Les mots de l’adulte, si mal choisis, peuvent renforcer ces comportements et une étiquette est vite posée.

Pour moi, il est plus important d’accompagner la victime, pour qu’elle puisse se défendre, que de punir l’agresseur. Quant à lui, il doit apprendre à respecter les autres sans que la crainte de l’adulte soit son seul souci.

Le danger des excuses

Un enfant trop jeune, qui n’a pas assez de maturité pour comprendre le sens profond des excuses peut faire des raccourcis : « je m’excuse —tout va bien — je peux recommencer »

Il doit comprendre que son comportement doit changer et que les excuses à elles seules ne résolvent rien.

La culpabilité

Faire culpabiliser un enfant agresseur ne va que renforcer son comportement.

La culpabilité est un sentiment profond, destructeur et intense.

Elle peut venir accompagnée de la honte, qui est très néfaste, elle aussi.

Cela nous met tous, humains, dans une situation insupportable.

Pour en sortir, on essaie de lutter en transformant la culpabilité et la honte en colère et en cherchant à justifier nos actes.

Un enfant à qui on fait expérimenter ces sentiments peut devenir cynique, agressif ou réfractaire à l’autorité.

Soit il n’aura plus rien à faire de ce que l’adulte lui dit, soit il va trouver une bonne raison pour son comportement.

Rappelez-vous la dernière fois que vous êtes sentie coupable ou honteuse… c’est horrible !

Confronter un enfant à ses actes en essayant de les faire culpabiliser « tu as vu comme tu lui as fait mal ? »  n’est pas bénéfique.

Le renforcement positif est toujours plus efficace.

En pratique

Le rôle de l’adulte est très important pour favoriser les relations saines entre enfants.

Dans le quotidien, cela se fait en donnant des pistes et des outils aux enfants pour résoudre les conflits.

L’adulte se montre aidant lorsqu’il accompagne une négociation, médie un conflit, propose un jeu coopératif ou initie une activité en groupe.

Apprendre à jouer ensemble

Il y a des divers outils pour apprendre aux enfants à jouer ensemble, comme par exemple les jeux de société pour apprendre « chacun son tour », les jeux collectifs pour apprendre la collaboration, les jeux symboliques pour apprendre la négociation et les consensus.

L’adulte initie les jeux et progressivement il se met en retrait, en laissant de plus en plus d’autonomie aux enfants. Il intervient les moins possible et surtout en posant des questions, genre « c’est à qui de jouer ? ».

Pour favoriser l’autonomie il peut aussi donner aux enfants des phrases types qu’ils pourront utiliser par la suite, à dire quand ils ont envie/plus envie de jouer.

C’est un travail de longue haleine, mais, pour moi, le plus important. Les enfants qu’on accompagne en collectivité, à qui ont prends le temps d’accompagner dans leurs relations, auront plus de chances de leur côté pour devenir des adultes épanouis et heureux.

Pour aller plus loin:

Vous pouvez lire mon article sur la discipline ou le savoir-être et aussi écouter le podcast sur la surstimulation des enfants.

Vous avez aimé cet article?

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Un commentaire sur « Les éducatrices qui sont médiatrices »

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