Les enfants qui disent tout le temps « Non! »

La parentalité positive ne marche pas… j’ai déjà entendu ces propos maintes fois.

Mais en fait, elle ne marche pas, pourquoi ?

La raison est bien simple : cela ne marche pas parce que la parentalité positive n’est pas une méthode, ni un outil, ni une pédagogie. C’est un style de vie.

Premièrement j’aimerais parler du concept même de la parentalité positive et puis de ce nom qui, en fait, me dérange un petit peu… « parentalité positive » donne l’impression que toutes les autres sortes de parentalité sont négatives. Il y a certaines personnes qui appellent ça aussi la « parentalité bienveillante » je trouve que c’est plus adéquat.

Donc aujourd’hui c’est devenu très à la mode. De plus en plus de parents affirment pratiquer la parentalité positive et étudient, se documentent, font des recherches, voir même des formations et l’appliquent dans leur quotidien.

Et ils sont souvent déçus. La parentalité positive ne marche pas !

Et pourquoi ? Principalement, à cause des attentes des parents et des idées reçues. Décortiquons cela…

Les idées reçues

La première idée reçue c’est qu’un parent doit se faire obéir. On cherche désespérément comment faire en sorte que nos enfants fassent ce que l’on demande. Et naïvement, on se dit que si on est des « parents positifs » et on demande d’une certaine façon, on obtiendra plus de coopération. Vraiment ?

La vérité c’est que c’est très difficile de faire obéir un enfant. Déjà, nous en tant que adultes, nous n’aimons pas ça, malgré l’éducation et les valeurs que nos parents nous ont inculquées on n’a pas très envie d’obéir. On a plutôt envie d’être autonomes, faire nos propres choix, de prendre nos propres décisions. Donc l’obéissance et quelque chose qui va plus ou moins à l’encontre des désirs profonds en tant qu’êtres humains.

Et pour un enfant qui a encore tous ses instincts, qui n’a pas encore été modelé par l’éducation c’est encore plus difficile. Il n’a surtout pas envie d’obéir.

Les enjeux

Qu’on utilise un modèle de parentalité traditionnelle ou un modèle de parentalité bienveillante, de toute façon on va être confronté à l’enfant, à son caractère, à ses envies, à ses idées et dans tous les cas ça va être difficile.

Faire en sorte que l’enfant fasse ce qu’on attend de lui c’est un travail difficile, un travail de tous les jours et de longue haleine.

Il faut que les parents soient bien conscients de cela: la parentalité positive ne va pas faire des miracles.

Chaque parent doit avoir clairement en tête quelles valeurs il a envie de transmettre à son enfant et puis quel genre d’être humain il a envie d’élever. On a tous envie que nos enfants soient autonomes, indépendants, volontaires… qu’ils sachent vraiment ce qu’ils veulent dans la vie et puis qu’ils aient la confiance en eux pour pouvoir y parvenir. On espère qu’ils soient débrouillards, forts, épanouis et qu’il réalisent leurs rêves…

Mais pour qu’un enfant devienne un adulte comme ça on a besoin quand même de lui donner l’occasion de faire des expériences, des erreurs, des choix et des prendre des décisions.

Quoi faire alors?

Il faut l’encourager à utiliser son libre arbitre et à avoir ses propres idées, ce qui va à l’encontre de nos envies à nous en tant que parents d’avoir un enfant qui est sage, qui obéit et fait ce qu’on dit. Donc c’est comme si dans l’idéal on aimerait bien que nos enfants réussissent dans la vie, qu’ils soient bien dans leur tête et qu’ils soient indépendants et autonomes mais d’un autre côté on aimerait bien que pendant qu’ils sont petits ils nous obéissent au doigt et à l’œil et fassent exactement ce qu’on veut. Sauf que dans ce cas on va en quelque sorte briser son autonomie. Quelque part on ne va pas l’encourager à être indépendant ni à prendre des décisions, parce que au contraire, on va dire « tu fais ce que j’ai dit et ne discute pas ». À la façon traditionnelle ou bienveillante, si on veut arriver à ces fins ce sera de toute façon un combat.

Au contraire, si on pratique la parentalité positive pour obtenir plutôt la coopération de l’enfant et pas son obéissance il y a des chances d’y parvenir, à condition de tenir sur la durée.

Évidemment, il y a certains parents qui se retrouvent complètement perdus parce que d’un côté à la base il aimerait avoir un enfant qui leur obéi et puis d’un autre côté ils aimerais aussi être bienveillant et puis les deux ensemble… ça ne marche pas très bien.

Il ne faut pas oublier qu’en plus, vu qu’on est des parents bienveillants on ne puni par nos enfants et on ne les « gronde » pas. Et vu que l’enfant n’obéit toujours pas et essaye de faire toujours qu’à sa tête, on a tout notre entourage qui vient sur notre dos en disant qu’on est trop laxiste et c’est pour ça que l’enfant est comme ça.

Alors c’est quoi la parentalité positive?

Donc, la parentalité positive ce n’est pas un moyen de faire obéir ses enfants. C’est simplement une façon de les élever en se disant qu’on va faire un bout de chemin ensemble et qu’on doit les accompagner au mieux et donner les moyens pour qu’ils puissent s’épanouir dans leur vie.

On va faire ce petit bout ensemble et ça ne sera pas facile pour l’enfant, parce qu’il va devoir être éduqué et apprendre les règles de notre société. Pour nous non plus, ça ne sera pas facile, car on va devoir justement inculquer ces règles et ça va être un processus long et pénible pour tout le monde.

La parentalité positive, si on la prend du bon côté, va justement faire en sorte qu’il soit un peu moins pénible pour l’un et pour l’autre, parce qu’on va essayer de le faire dans la bienveillance avec beaucoup d’attachement entre les parents et l’enfant, dans la bonne humeur, en essayant de voir les choses comme elles sont.

Rappelons-nous quelles sont les valeurs qu’on a envie de transmettre à nos enfants et quel genre d’adulte on a envie d’élever et soyons conscients de l’ampleur de la responsabilité qu’on a entre nos mains. Avec les outils de la parentalité positive on va essayer de faire au mieux.

Mais si vous avez envie d’avoir des enfants bien sages et bien obéissants… clairement, la parentalité positive ne fonctionnera jamais.

Pour aller plus loin:

Vous pouvez lire sur le Savoir-être en éducation et comment être cohérent avec nos enfants.

Cet article vous a plus?

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5 commentaires sur « Les enfants qui disent tout le temps « Non! » »

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